Les championnats du monde de patinage artistique débutent ce mardi 20 mars à Tokyo. Rarement, l'équipe de France n'aura été dans une posture aussi favorable pour bien figurer dans la compétition, et ce malgré l'absence de patineuses tricolores dans l'épreuve individuelle. Brian Joubert et le couple Isabelle Delobel-Olivier Schoenfelder, champions d'Europe à Varsovie fin janvier, peuvent légitimement viser le titre mondial. Même si la concurrence sera rude les Français partiront, pour une fois, avec le rang de favoris.
C'est la meilleure saison de sa carrière. Brian Joubert a remporté toutes les compétitions, et pas des moindres, dans lesquelles il s'est engagé en 2006-2007: les Masters, le Trophée Eric Bompard, la Coupe de Russie, la Finale du Grand Prix et les championnats de France et bien sûr les championnats d'Europe pour la deuxième fois de sa carrière. Le Poitevin a réalisé un sans faute et n'a laissé que des miettes à ses adversaires. Avec un programme court qui tourne autour de James Bond et un libre basé sur la musique du quatuor à cordes Apocalyptica, le Français a trouvé la bonne alchimie pour satisfaire aux critères du nouveau système de jugement.
Brian Joubert s'est pourtant fait une frayeur. Il y a de cela un mois, il s'entaillait le pied droit avec sa lame de patin à l'envol d'un flip lors d'un entraînement avec pour conséquence une fracture du métatarse, un tendon en partie sectionné et un mois de repos conseillé par le chirurgien. Mais il en fallait plus pour décourager le récent champion d'Europe qui a continué à s'entraîner malgré ses quatre points de suture. Et grâce à une cicatrisation rapide et de légers changements dans le contenu technique du programme, il a pu revenir à son meilleur niveau au moment de débarquer au Japon.
Le patineur français devra d'ailleurs être au maximum de ses capacités, mercredi et jeudi, pour remporter la couronne mondiale. En effet, le Suisse Stéphane Lambiel, double tenant du titre et champion olympique, qui n'a pratiquement pas patiné cette saison excepté, le Skate Canada qu'il a remporté, effectue son grand retour à Tokyo. Tout le monde a encore en mémoire leur intense affrontement de l'année passée à Calgary qui avait vu l'Helvète s'imposer. Mais pour cette nouvelle édition des championnats du monde, Brian Joubert semble armé pour sortir vainqueur de ce duel annoncé et succéder ainsi à Alain Giletti (1960) et Alain Calmat (1965), les derniers champions du monde français.
Delobel-Schoenfelder visent l'or
En danse, le couple Isabelle Delobel-Olivier Schoenfelder, souvent placé mais rarement gagnant, nourrit également des ambitions mondiales après son titre européen de Varsovie. Un sacre à Tokyo viendrait couronner une longue carrière commencée dès 1993. Les Français ont pourtant failli manquer ce grand rendez-vous après que la patineuse s'est fait une entorse au pied lors d'un gala à Grenoble, début mars. Mais après un arrêt de cinq jours le couple a pu reprendre sa préparation et se reconcentrer sur son objectif.
Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder prendront part à une compétition relevée puisque quatre autres couples peuvent prétendre à la plus haute marche du podium. Ils devront se méfier avant tout des Bulgares Denkova-Staviski, champions du monde en titre, et des Canadiens Dubreuil-Lauzon, collègues d'entraînement à Lyon et deuxièmes du Mondial 2006. Dans cette lutte qui s'annonce serrée, la décision se fera sur des détails. Et il y en a un qui ne joue déjà pas en faveur des Bleus: aucun juge français n'officiera à Tokyo. Si, en principe, cela ne devrait pas influer sur les notations, on a déjà vu par le passé que cela pouvait avoir son importance dans un sport qui n'échappe pas encore tout à fait à ses vieux démons. Les Français déclaraient à ce propos dans L'Equipe de lundi : "On est conscients que la tâche sera plus difficile mais on ne peut rien y faire". Le couple tricolore fera son entrée en lice mardi avec la danse imposée, enchaînera jeudi avec la danse originale et terminera vendredi avec la danse libre.