Par Mathieu Idiart
Alain Calmat a son successeur
Alain Giletti en 1960, Alain Calmat en 1965 et maintenant Brian Joubert en 2007. Le patinage français a renoué avec un titre mondial chez les hommes qui lui échappait depuis plusieurs décennies. Il le doit à son enfant prodige tour à tour adulé puis décrié depuis ses débuts et les promesses qu'il avait fait naître. Hors-sujet aux Jeux Olympiques de 2006 (6e) et aux Championnats du Monde de 2005 (6e), Joubert commençait à traîner l'étiquette de l'éternel espoir incapable de tenir la pression d'un grand événement. Encaissant les critiques, le Poitevin savait que le rendez-vous nippon pouvait être le sien après la retraite d'Evgueni Plushenko et avec la méforme actuelle de Stéphane Lambiel. Mais ces circonstances n'enlèvent en rien le mérite qui revient au Français impeccable lors du programme court et gestionnaire durant le programme long passant outre la douleur au pied qui l'accompagnait toujours suite à son entaille intervenue à la mi-février.
Simond, le déclencheur
«J'ai beaucoup travaillé cette saison. J'ai une superbe équipe. Merci à ma mère, qui m'a beaucoup aidé.» Sur la glace de Tokyo, Brian Joubert adressait ses premiers remerciements, après son sacre mondial, à ses proches. Si l'usage est bien d'offrir une reconnaissance publique à son entourage après une grande victoire, les mots du Poitevin sonnaient d'une véritable sincérité renvoyant à son parcours chaotique depuis son éclosion. En perte de repères après sa terrible désillusion des Jeux Olympiques de Turin, le fleuron du patinage français décidait de mettre un terme à sa collaboration avec Andreï Beresintsev en dépit de sa superbe réaction aux Mondiaux de Calgary (médaille d'argent). L'association avec l'ancien champion français, Jean-Christophe Simond, prenait corps en septembre dernier. Un pari immédiatement gagnant pour un patineur en quête de stabilité dans ce secteur. Car en dehors de la glace, le clan Joubert est soudé. Le très controversé Didier Gailhaguet et l'omniprésente mère de Brian, Raymonde, forment une garde rapprochée qui rassure le Poitevin. Débarrassé de ses derniers doutes existentiels, Brian Joubert peut désormais se tourner vers son prochain grand objectif : les JO de Vancouver en 2010.
Les champions du monde français :
Couples
Andrée/Pierre Brunet en 1926, 1928, 1930 et 1932
Danse
Isabelle/Paul Duchesnay en 1991
Marina Anissina/Gwendal Peizerat en 2000
Hommes
Alain Giletti en 1960
Alain Calmat en 1965
Brian Joubert en 2007
Femmes
Jacqueline Du Bief en 1952